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Le Plan Santé Travail (PST) 2026-2030, présenté le 5 juin 2026, constitue la nouvelle feuille de route nationale en matière de prévention des risques professionnels. Élaboré conjointement par l’État, les partenaires sociaux et les acteurs institutionnels, il fixe les grandes orientations qui guideront les politiques de santé au travail au cours des cinq prochaines années. Son ambition est claire : renforcer la prévention, améliorer durablement les conditions de travail et mieux protéger la santé des travailleurs face aux profondes mutations du monde professionnel.

Ce nouveau plan santé travail ne se contente pas de poursuivre les actions déjà engagées. Il répond également à de nouveaux défis, comme les transformations numériques, le vieillissement de la population active, les effets du changement climatique ou encore l’évolution des organisations du travail. Il confirme également la place centrale de la prévention primaire et de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) dans les politiques de prévention.

« La priorité absolue reste la même, c’est la santé et la sécurité au travail. Veiller aux bonnes conditions de travail, surtout à l’heure de grandes transformations, est un acquis et un prérequis indiscutables. »

Jean-Pierre FarandouMinistre du Travail et des Solidarités

Mais concrètement, que contient ce nouveau plan ? Quels sont les enjeux pour les entreprises, les employeurs, les RH et les salariés ? Voici ce qu’il faut retenir.

Pourquoi un nouveau Plan Santé Travail en 2026 ?

Le monde du travail connaît aujourd’hui des évolutions rapides qui transforment les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur activité. Le développement des outils numériques, l’arrivée de nouvelles technologies, les conséquences du dérèglement climatique, le vieillissement de la population ou encore les nouvelles attentes en matière de qualité de vie au travail modifient progressivement les risques auxquels les organisations sont confrontées.

Dans ce contexte, le plan santé travail 2026-2030 poursuit plusieurs objectifs.

Il s’inscrit dans la continuité des précédents plans tout en renforçant la mise en œuvre de la loi du 2 août 2021 destinée à développer la prévention en santé au travail. Il vise également à poursuivre le développement des démarches de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), à favoriser une meilleure coordination entre les différents acteurs de la prévention et à assurer une continuité du suivi des travailleurs tout au long de leur parcours professionnel.

L’idée n’est donc plus seulement de réduire les accidents lorsqu’ils surviennent, mais d’agir le plus en amont possible afin d’éviter leur apparition.

Une ambition forte : faire de la prévention un véritable réflexe

S’il fallait résumer le Plan Santé Travail 2026-2030 en une idée, ce serait probablement celle-ci : développer une véritable culture de la prévention.

Le document insiste à plusieurs reprises sur l’importance d’anticiper les risques plutôt que d’intervenir uniquement après un accident ou une maladie professionnelle. Cette logique de prévention primaire repose sur une meilleure évaluation des risques, une organisation du travail adaptée et une mobilisation de l’ensemble des acteurs de l’entreprise.

Cette culture de prévention passe notamment par :

  • une meilleure identification des risques professionnels
  • le développement des actions de sensibilisation
  • la formation des employeurs, des managers et des salariés
  • l’accompagnement des entreprises dans leurs démarches de prévention
  • l’amélioration continue des conditions de travail

Le plan rappelle ainsi que la prévention constitue un levier essentiel pour protéger la santé des travailleurs, mais également pour accompagner les transformations des organisations.

Les services de prévention et de santé au travail au cœur de l’action

Le Plan Santé Travail 2026-2030 confirme également le rôle central des services de prévention et de santé au travail (SPST).

Le document rappelle qu’ils interviennent à plusieurs niveaux :

  • accompagner les entreprises dans leurs démarches de prévention
  • contribuer au maintien dans l’emploi
  • prévenir les situations de désinsertion professionnelle 
  • renforcer les liens entre santé au travail, santé publique et santé environnementale afin d’assurer une meilleure continuité de l’accompagnement des travailleurs

Le plan prévoit également de poursuivre le renforcement de leurs missions, notamment en matière d’offre de services et d’accompagnement des entreprises.

Pour les employeurs, cela signifie pouvoir s’appuyer davantage sur leur service de prévention et de santé au travail afin de structurer leurs démarches de prévention, d’accompagner les évolutions des organisations et de favoriser le maintien en emploi des salariés.

axes plan santé au travail

Les quatre grands axes du Plan Santé Travail 2026-2030

Au-delà des mesures les plus médiatisées, le plan santé travail s’organise autour de quatre grands axes stratégiques qui structurent l’ensemble des actions prévues jusqu’en 2030. Au total, le plan comprend 50 actions principales destinées à améliorer la prévention des risques professionnels, les conditions de travail et la lutte contre les accidents et les maladies professionnelles.

Promouvoir une véritable culture de prévention

Premier pilier du plan : diffuser la prévention à tous les niveaux de l’entreprise.

Cette orientation vise à accompagner les employeurs dans l’évaluation des risques professionnels, à renforcer les actions de formation et de sensibilisation et à mieux intégrer les enjeux de santé et sécurité dans les transformations du travail. Elle prévoit également de favoriser des lieux et des équipements de travail toujours plus sûrs.

Renforcer la prévention des risques professionnels

Le deuxième axe cible plus directement les risques auxquels les salariés sont exposés.

Le plan prévoit de concentrer les efforts sur les secteurs les plus concernés par les accidents du travail et les maladies professionnelles, tout en développant des actions spécifiques pour les publics particulièrement exposés.

Préserver la santé tout au long de la vie professionnelle

Le troisième axe dépasse la seule prévention des accidents.

Il s’intéresse également à la prévention de l’usure professionnelle, au maintien dans l’emploi, à la prévention de la désinsertion professionnelle ainsi qu’au renforcement de l’accompagnement assuré par les services de prévention et de santé au travail (SPST).

Anticiper les nouveaux risques

Enfin, le dernier axe prépare les entreprises aux évolutions futures.

Le plan prévoit notamment de renforcer la veille sur les risques émergents, d’améliorer la gestion des crises susceptibles d’affecter la santé des travailleurs et de développer la recherche afin de mieux comprendre les nouveaux enjeux de santé au travail.

Un plan qui accompagne les transformations du monde du travail

L’une des évolutions majeures du Plan Santé Travail 2026-2030 est de ne plus limiter la prévention aux seuls risques traditionnels.

Le document reconnaît que les mutations actuelles du travail modifient progressivement les conditions d’exercice de nombreuses professions. Les transformations numériques, l’essor de l’intelligence artificielle, les conséquences du changement climatique, le vieillissement de la population ou encore les évolutions des organisations nécessitent désormais d’adapter les démarches de prévention afin qu’elles restent efficaces face à ces nouveaux contextes.

Cette approche traduit une volonté de construire une politique de santé au travail capable d’accompagner les entreprises dans leurs évolutions tout en préservant durablement la santé des salariés.

Les principales mesures qui concernent directement les entreprises

Au-delà de ses orientations stratégiques, le Plan Santé Travail 2026-2030 identifie plusieurs priorités qui auront un impact concret sur les démarches de prévention mises en œuvre par les entreprises. L’objectif est d’agir sur les situations les plus à risque, tout en accompagnant les employeurs dans l’évolution de leurs pratiques de prévention.

Renforcer la prévention des accidents du travail graves et mortels

La première priorité du plan santé travail concerne la prévention des accidents du travail graves et mortels. Malgré les progrès réalisés ces dernières décennies, cette question demeure au cœur des préoccupations des pouvoirs publics.

Le plan prévoit notamment :

  • d’accompagner les secteurs les plus exposés aux accidents du travail
  • de développer des outils permettant aux entreprises de mieux prévenir les malaises mortels au travail
  • de renforcer la culture de prévention auprès des dirigeants, managers et salariés
  • d’améliorer l’organisation des secours en entreprise grâce à des guides et des outils pratiques
  • de poursuivre les actions de prévention des chutes de hauteur
  • d’encourager l’intégration de critères de santé et sécurité dans les achats publics
  • de renforcer la prévention des conduites addictives en milieu professionnel

Le plan accorde également une attention particulière aux jeunes, aux nouveaux arrivants et aux travailleurs intérimaires, davantage exposés aux accidents du travail. Pour ces publics, l’accent est mis sur la qualité de l’accueil en entreprise ainsi que sur la formation à la santé et à la sécurité dès la prise de poste.

Mieux prendre en compte la santé des femmes au travail

Le Plan Santé Travail 2026-2030 fait également de la santé des femmes une priorité nationale.

Le document prévoit notamment :

  • une évaluation des risques professionnels prenant en compte les différences selon le sexe ;
  • une adaptation des équipements de protection individuelle lorsque cela est nécessaire ;
  • un renforcement de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes au travail (VSST).

Cette orientation traduit une volonté d’intégrer davantage les réalités des situations de travail dans les démarches de prévention afin de mieux protéger l’ensemble des travailleurs.

Faire de la santé mentale un enjeu majeur de prévention

Autre priorité forte du plan santé travail : la santé mentale.

Dans la continuité de la Grande Cause nationale 2025-2026, le plan prévoit de proposer aux entreprises une offre plus claire et mieux coordonnée pour prévenir les risques psychosociaux (RPS). Il prévoit également le renforcement des formations au secourisme en santé mentale en milieu professionnel ainsi que le déploiement de la charte d’engagements lancée en 2025.

L’objectif est de permettre aux entreprises de mettre en œuvre des actions de prévention plus lisibles et plus efficaces.

Prévenir l’absentéisme en agissant sur ses causes

Le Plan Santé Travail 2026-2030 aborde également la question de l’absentéisme sous un angle préventif.

Plutôt que de se concentrer uniquement sur les conséquences des absences, le document encourage les entreprises à agir sur les facteurs pouvant les favoriser grâce à des démarches de prévention primaire et à un meilleur accompagnement des différents acteurs.

Cette approche rejoint la philosophie générale du plan : intervenir le plus en amont possible afin de préserver durablement la santé des travailleurs.

nouveau plan santé travail

Le DUERP : passer de l’évaluation des risques à l’action

Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) occupe une place importante dans le nouveau plan santé travail.

L’objectif n’est pas seulement d’encourager les entreprises à réaliser ou à mettre à jour leur DUERP, mais surtout d’en faire un véritable outil de pilotage de la prévention. Le plan prévoit ainsi d’accompagner davantage les entreprises dans l’évaluation des risques professionnels et dans la mise en œuvre d’actions concrètes qui en découlent.

Cette orientation illustre parfaitement la volonté de renforcer la prévention primaire : identifier les risques ne constitue qu’une première étape, encore faut-il mettre en œuvre des mesures adaptées pour les réduire.

Un déploiement adapté aux réalités des territoires

Le Plan Santé Travail 2026-2030 a vocation à être décliné localement.

Sa mise en œuvre reposera sur les Plans Régionaux Santé Travail (PRST), pilotés par les DREETS, afin de tenir compte des réalités économiques et sociales propres à chaque territoire. Cette déclinaison régionale doit permettre d’adapter les actions aux besoins des entreprises et des travailleurs au plus près du terrain.

Le document prévoit également une clause de revoyure, associant les partenaires sociaux et institutionnels, afin de faire évoluer le plan si les transformations du travail ou l’apparition de nouveaux enjeux le rendent nécessaire.