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Le retour à l’emploi après un cancer est bien plus qu’une simple reprise administrative. Pourtant, le chemin peut être semé d’embûches.

Fatigue persistante, troubles cognitifs, appréhension ou limitations physiques peuvent nécessiter des aménagements adaptés. Heureusement, des dispositifs existent pour accompagner le salarié, à tout moment dès qu’il en a besoin, pour sécuriser son parcours professionnel et favoriser son maintien en emploi.

Découvrez comment concilier santé et travail avec des solutions concrètes pour les salariés et les employeurs.

Salarié : Reprendre son poste à son rythme

Chaque parcours est unique. Le retour à l’emploi après un cancer doit être anticipé et accompagné pour éviter une reprise trop rapide ou inadaptée.

Le saviez-vous ?

  • 61 % des salariés se sentent plus fatigués qu’avant
  • 33 % souffrent de troubles de la mémoire ou de la concentration
  • 14 % font face à des douleurs chroniques

Source : Fondation ARC

Anticiper pour ne pas subir

Le retour se prépare idéalement pendant l’arrêt de travail. Plusieurs dispositifs sont à votre disposition pour vous accompagner.

  • Le rendez-vous de liaison : Organisé entre l’employeur et le salarié, il sert à maintenir le lien et à préparer, ensemble, les conditions logistiques du retour. Le médecin du travail doit être informé et peut être associé à ce rendez-vous ou se faire représenter par un membre de son équipe pluridisciplinaire
  • La visite de pré-reprise : Cruciale, elle se réalise pendant l’arrêt. Elle permet au médecin du travail d’émettre des recommandations et de préparer la reprise, avec l’accord du salarié, bien avant la reprise effective
  • La visite de reprise : Elle permet de s’assurer que la reprise est possible et de vérifier si certains aménagements sont nécessaires

Etre accompagné à chaque étape

Le cancer laisse souvent des traces que vos collègues ne voient pas. Le médecin du travail peut : 

Préconiser des aménagements de poste en lien avec l’employeur :

Aménagement du temps de travail :

  • Organisation du temps partiel thérapeutique : Il permet une reprise progressive en adaptant le temps travaillé tout en maintenant une indemnisation

C’est le médecin traitant qui prescrit le temps partiel thérapeutique, mais c’est le médecin du travail qui l’organise avec l’employeur.

  • La flexibilité des horaires : Aménager les heures d’arrivée ou de départ pour tenir compte de la fatigue ou des rendez-vous médicaux de suivi

Aménagement technique et matériel :

  • Adaptation du poste : Utilisation de matériels ergonomiques, double écrans pour faciliter la lecture, logiciels informatiques ou aménagement de l’espace pour limiter les déplacements
  • Le télétravail : Il réduit la fatigue liée aux trajets et offre un environnement plus calme

Aménagement organisationnel :

  • Adaptation des missions : Allègement de la charge de travail ou réattribution de certaines tâches trop exigeantes physiquement ou mentalement

Il est également possible d’envisager un reclassement : si le poste initial n’est plus compatible avec votre santé, un changement de poste en interne doit être recherché prioritairement.

Informer sur les mesures mobilisables :

  • Cellule de prévention de la désinsertion professionnelle
  •  Solliciter les acteurs en santé au travail : cellule de prévention de la désinsertion professionnelle,  psychologue du travail, assistant(e) social(e), ergonome, toxicologue…
  • Demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé 
  • Temps partiel thérapeutique 
  • Essai encadré 
  • Contrat de rééducation professionnelle en entreprise, formations.

La RQTH : Votre « bouclier » professionnel

Voyez la RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) non comme une étiquette, mais comme une clé qui ouvre des droits : financement de matériels ergonomiques, aménagement des horaires (sous réserve de l’accord de l’employeur) et protection juridique

Le saviez-vous ?

Si vous envisagez de déposer une demande de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH), vous n’êtes pas seul. Sur orientation de votre médecin du travail, vous pouvez bénéficier de l’expertise de notre assistant.e social.e.

Son rôle ? Vous conseiller et vous aider à compléter sereinement votre dossier. C’est ensuite vous, et vous seul, qui décidez de l’envoyer à la MDPH. Au-delà de la reconnaissance, la RQTH ouvre également l’accès à des aides spécifiques via l’Agefiph ou le FIPHFP pour faciliter votre quotidien professionnel.

Besoin de plus d’informations ? La Ligue contre le cancer propose des ateliers de retour à l’emploi et une permanence socio-juridique gratuite au 0 800 940 939.

retour à l'emploi après un cancer

Employeur : Accueillir le salarié

L’employeur et le manager jouent un rôle déterminant dans la réussite du retour à l’emploi après un cancer.

Le « Plan 90 jours »

L’erreur classique est de vouloir trop protéger le salarié ou à l’inverse, lui redonner tous ses dossiers d’un coup.

  • Semaine 1 : Accueil chaleureux et sobre. Fixez ensemble 3 objectifs simples.
  • Mois 1 : Point hebdomadaire pour ajuster la charge. Priorité à la qualité plutôt qu’à la quantité.
  • Mois 3 : Bilan de réversibilité. Les aménagements sont-ils toujours adaptés ?

Mobiliser les experts et les aides

Vous n’êtes pas seul face à cette réorganisation.

  • Soutien financier : L’Agefiph, le FIPHFP ou l’OETH peuvent subventionner le surcoût des équipements ergonomiques (sièges, claviers spécifiques).
  • Sensibilisation de l’équipe : Si le salarié y consent, préparez l’équipe pour éviter les maladresses ou le sentiment d’injustice face aux horaires flexibles.
  • La Cellule PDP : Permet de coordonner les actions des différents membres de l’équipe pluridisciplinaire du SPSTI (Assistante sociale, psychologue du travail, ergonome…) qui auront pour finalité de favoriser la reprise du travail de la personne

Réussir le retour à l’emploi après un cancer, c’est prouver que l’entreprise est capable de résilience. La clé réside dans la qualité du dialogue entre le salarié, l’employeur et le médecin du travail. En co-construisant ces aménagements, l’entreprise transforme une situation de fragilité en un véritable levier de cohésion et de performance durable.

Le saviez-vous ?

La Ligue contre le cancer accompagne tout employeur dans la promotion de la santé auprès de leurs collaborateurs et dans la lutte contre la désinsertion professionnelle des personnes atteintes d’un cancer.