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L’intelligence artificielle (IA) s’invite progressivement dans le quotidien des entreprises. Qu’il s’agisse d’analyser des données, de rédiger des contenus, d’automatiser certaines tâches ou d’assister la prise de décision, ses usages se multiplient dans de nombreux secteurs d’activité.

Cette évolution suscite autant d’intérêt que de questions. L’IA va-t-elle remplacer certains métiers ? Quels bénéfices peut-elle apporter aux salariés et aux entreprises ? Quels sont les risques pour les conditions de travail ? Et comment l’utiliser de manière responsable ?

En septembre, Efficience vous accompagne pour mieux comprendre les risques professionnels liés à l’utilisation de l’IA, mais aussi pour identifier les opportunités qu’elle peut offrir et en faire un véritable atout au travail.

L’IA va-t-elle remplacer les salariés ?

L’arrivée de l’intelligence artificielle suscite de nombreuses interrogations sur l’avenir des métiers.

Dans les faits, l’IA ne s’intègre pas de la même manière dans toutes les entreprises, ni dans tous les métiers. Ses effets dépendent des usages qui en sont faits, des tâches concernées, mais aussi de la façon dont les organisations accompagnent son déploiement.

Dans certains cas, elle peut automatiser des activités répétitives ou faciliter l’accès à l’information. Dans d’autres, elle modifie les pratiques professionnelles en faisant émerger de nouvelles compétences, comme la vérification des résultats produits, leur interprétation ou leur mise en perspective.

Comme le rappellent les professionnels d’Efficience dans SST Mag, l’enjeu n’est pas uniquement technologique. Il est avant tout organisationnel et humain. Les effets de l’intelligence artificielle dépendent des choix réalisés par l’entreprise : information des salariés, accompagnement au changement, formation, dialogue et prise en compte des conditions réelles de travail.

Plutôt que de se demander si l’IA remplacera les salariés, il est donc plus pertinent de s’interroger sur la manière dont elle transformera le travail et sur les conditions nécessaires pour que cette évolution bénéficie à la fois aux organisations et aux collaborateurs.

Quels sont les avantages de l’IA pour les salariés ?

Lorsqu’elle est utilisée comme un outil d’assistance, l’intelligence artificielle peut faciliter certaines activités du quotidien.

Elle peut notamment permettre de :

  • automatiser certaines tâches répétitives 
  • accéder plus rapidement à des informations 
  • faciliter la recherche documentaire ou l’analyse de données 
  • assister la préparation de documents ou de comptes rendus 
  • libérer du temps pour des missions nécessitant davantage d’expertise, d’échanges ou de réflexion

L’objectif n’est pas de remplacer les professionnels, mais de leur apporter un appui sur certaines tâches afin qu’ils puissent se concentrer sur celles où leur valeur ajoutée est la plus importante.

Ces bénéfices restent toutefois conditionnés à un usage raisonné de l’outil et à une vérification des résultats produits.

Et pour les entreprises ?

Pour les entreprises, l’intelligence artificielle peut contribuer à améliorer certains processus lorsqu’elle répond à un besoin clairement identifié.

Elle peut notamment aider à :

  • traiter plus rapidement un volume important d’informations 
  • améliorer la qualité de certaines analyses 
  • faciliter la planification ou l’organisation de certaines activités 
  • accompagner la prise de décision grâce à des données mieux exploitées

Toutefois, la performance d’un outil d’intelligence artificielle ne dépend pas uniquement de ses capacités techniques. Elle repose également sur la qualité des données utilisées, sur la formation des utilisateurs et sur l’organisation mise en place autour de son utilisation.

« Une IA comprise est une IA mieux acceptée »

Lilia CombeauInfirmière en santé au travail

Cette idée rappelle qu’une technologie, aussi performante soit-elle, ne produit ses effets que si les personnes qui l’utilisent comprennent son fonctionnement, ses objectifs et ses limites.

Quels sont les risques de l’IA au travail ?

Si l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives, son déploiement peut également modifier les conditions de travail.

L’une des premières inquiétudes concerne l’évolution des métiers. Certains salariés peuvent craindre de voir leurs compétences devenir moins utiles ou avoir le sentiment que leur activité change plus rapidement qu’ils ne peuvent s’y adapter.

L’utilisation de l’IA peut également générer une charge cognitive supplémentaire. Les informations produites doivent être relues, vérifiées et replacées dans leur contexte. Cette vigilance permanente peut favoriser l’apparition d’un technostress, c’est-à-dire un stress lié à l’utilisation des technologies numériques.

Dans certaines organisations, l’introduction de l’IA peut aussi modifier les relations de travail si elle est utilisée comme un outil de contrôle ou d’évaluation des performances plutôt que comme un outil d’accompagnement.

Enfin, il ne faut pas oublier que les systèmes d’intelligence artificielle peuvent produire des erreurs, des résultats inexacts ou des biais. Le regard humain reste donc indispensable.

Comment intégrer l’IA dans une équipe sans créer de résistances ?

L’acceptation d’un nouvel outil dépend souvent davantage de la manière dont il est introduit que de la technologie elle-même.

Pour favoriser son appropriation, plusieurs bonnes pratiques peuvent être mises en œuvre :

  • expliquer pourquoi l’IA est déployée et quels sont ses objectifs 
  • préciser son rôle et ses limites 
  • associer les futurs utilisateurs dès les premières étapes du projet 
  • former les salariés aux usages de l’outil, mais aussi à leurs responsabilités dans son utilisation 
  • recueillir régulièrement les retours des équipes afin d’ajuster les pratiques

Impliquer les collaborateurs permet de mieux identifier les besoins du terrain et de limiter les inquiétudes liées au changement.

Comment utiliser l’IA sans dégrader les conditions de travail ?

L’introduction d’une intelligence artificielle ne doit pas être évaluée uniquement au regard des gains de performance.

« Une intégration réussie ne se mesure pas seulement au gain de performance, mais à la capacité des équipes à se sentir plus compétentes et plus sereines grâce à l'outil. »

Dr Hervé BaudelocqueDirecteur médical et prévention

Pour mesurer son impact réel, il est également important d’observer ses effets sur le travail quotidien.

Quelques questions peuvent guider cette réflexion :

  • Les salariés disposent-ils toujours d’une autonomie suffisante dans leurs missions ?
  • L’outil simplifie-t-il réellement le travail ou crée-t-il de nouvelles contraintes ?
  • La charge mentale évolue-t-elle ?
  • Les nouvelles compétences développées sont-elles reconnues ?
  • Les échanges entre collègues et managers sont-ils maintenus ?

Lorsque ces dimensions sont prises en compte, l’IA a davantage de chances de devenir un véritable outil d’appui plutôt qu’une source supplémentaire de contraintes.

Pour aller plus loin

L’introduction d’une intelligence artificielle ne doit pas être évaluée uniquement au regard des gains de performance.

Une intégration réussie ne se mesure pas seulement au gain de performance, mais à la capacité des équipes à se sentir plus compétentes et plus sereines grâce à l'outil.

Dr Hervé BaudelocqueDirecteur médical et prévention

L’intelligence artificielle continuera de faire évoluer les organisations et les métiers. Son impact dépendra avant tout de la manière dont les entreprises accompagneront cette transformation : information, formation, dialogue et prise en compte des conditions réelles de travail resteront des leviers essentiels pour en faire un outil au service de la performance et de la santé au travail.

Vous souhaitez approfondir ces enjeux ?

Découvrez l’analyse de Lilia Combeau, infirmière en santé au travail, et du Dr Hervé Baudelocque, directeur médical et prévention d’Efficience Santé au Travail, publiée dans le n°37 de SST Mag. Leur article explore plus en détail les impacts de l’intelligence artificielle sur les organisations, les risques émergents (technostress, surcharge cognitive, évolution des métiers) et les bonnes pratiques pour accompagner cette transformation.