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Selon une enquête OpinionWay pour Empreinte Humaine, le taux de travailleurs en détresse psychologique frôlait les 50%. Derrière ce chiffre, il y a des situations très différentes, mais une même nécessité : prendre les difficultés au sérieux et agir avant qu’elles ne s’aggravent.

Le travail peut être une source d’épanouissement et de lien social. Il peut aussi devenir une source de souffrance lorsque la charge, les tensions ou le manque de soutien s’installent. Comment reconnaître les risques pour la santé mentale au travail ? Et quelles solutions existent pour les salariés et les entreprises ?

Santé mentale au travail : un enjeu pour tous

La santé mentale ne se résume pas à l’absence de maladie. Elle concerne aussi la façon dont une personne se sent, fait face aux difficultés et peut exercer son travail dans de bonnes conditions.

Fatigue persistante, troubles du sommeil, difficultés de concentration, irritabilité, perte de motivation ou appréhension à l’idée d’aller travailler : ces signes peuvent indiquer qu’une personne traverse une période difficile. Ils ne suffisent pas à poser un diagnostic, mais méritent d’être écoutés. Certains changements sont moins visibles : une personne peut continuer à accomplir ses tâches tout en se sentant épuisée.

Le travail n’est pas toujours la seule cause d’une difficulté psychologique. En revanche, son organisation et les relations professionnelles peuvent contribuer à l’aggraver ou, au contraire, jouer un rôle protecteur. L’Organisation mondiale de la santé souligne notamment les risques liés à une charge excessive, à la discrimination, au manque de maîtrise sur son travail ou à l’insécurité de l’emploi.

Que sont les risques psychosociaux (RPS) ?

Les risques psychosociaux, ou RPS, correspondent à des situations de travail susceptibles de porter atteinte à la santé physique et mentale. L’INRS distingue trois grandes formes de RPS :

  • Le stress au travail : il peut apparaître lorsqu’une personne estime que les contraintes auxquelles elle fait face dépassent les ressources dont elle dispose.
  • Les violences internes : elles comprennent notamment les conflits exacerbés et les situations de harcèlement moral ou sexuel au sein de l’entreprise.
  • Les violences externes : elles proviennent de personnes extérieures à l’entreprise, comme des clients ou des usagers, et peuvent prendre la forme d’incivilités, de menaces ou d’agressions.

Les conséquences possibles dépassent le seul sentiment de mal-être. L’exposition à ces situations peut notamment être associée à des troubles du sommeil, de l’anxiété, un épuisement professionnel ou d’autres atteintes à la santé.

Quels facteurs favorisent les RPS ?

Pour prévenir les RPS, il faut regarder ce qui se passe concrètement dans le travail. L’INRS regroupe leurs facteurs en six catégories :

  1. L’intensité et le temps de travail : surcharge, objectifs flous ou irréalistes, instructions contradictoires, longues journées ou horaires imprévisibles.
  2. Les exigences émotionnelles : contact avec la souffrance, tensions avec le public ou nécessité de cacher ses émotions.
  3. Le manque d’autonomie : peu de marge de manœuvre pour réaliser ses missions ou absence de participation aux décisions qui concernent son travail.
  4. Les rapports sociaux dégradés : conflits avec les collègues ou la hiérarchie, manque de soutien ou de reconnaissance.
  5. Les conflits de valeurs : sentiment de ne pas pouvoir faire un travail de qualité ou conforme à ses convictions professionnelles.
  6. L’insécurité de la situation de travail : peur de perdre son emploi, restructuration ou incertitude sur l’avenir de son métier.

Ces facteurs peuvent se cumuler. Une forte charge de travail devient, par exemple, plus difficile à supporter lorsque les priorités changent sans cesse et qu’il est impossible d’en discuter. Les identifier permet de rechercher des solutions adaptées, plutôt que de renvoyer chaque personne à sa seule capacité à « gérer son stress ».

Pour approfondir le sujet, notre kit de prévention des risques psychosociaux rassemble des conseils, des outils d’évaluation et des ressources pour les salariés comme pour les employeurs.

prévention rps

Salariés : que faire en cas de souffrance au travail ?

Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être à bout pour demander de l’aide. Si une situation vous préoccupe, essayez d’identifier ce qui vous met en difficulté : une charge devenue trop importante, des consignes contradictoires, des tensions récurrentes ou un événement précis. Mettre des mots sur les faits peut aider à engager une discussion et à chercher des solutions.

Selon votre situation, vous pouvez vous adresser à une personne de confiance, à un représentant du personnel, à votre responsable si cela vous semble possible, ou à un professionnel de santé. Vous pouvez également solliciter votre service de prévention et de santé au travail pour faire le point sur les effets du travail sur votre santé.

Besoin de parler ? La cellule d’écoute psychologique d’Efficience est accessible à vous et à vos salariés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, au 0 800 950 063. Cet espace d’écoute confidentiel permet d’exprimer vos difficultés et d’être orienté selon vos besoins.

Parler à quelqu’un peut constituer une première étape. Lorsque la difficulté est liée aux conditions de travail, il faut aussi pouvoir examiner ce qui pourrait changer dans la situation professionnelle. Le kit de prévention RPS propose également d’autres ressources et lignes d’écoute.

Entreprises : comment protéger la santé mentale au travail ?

La prévention commence par l’écoute des salariés et l’analyse de leur travail : la charge est-elle soutenable ? Les missions sont-elles claires ? Les équipes disposent-elles des moyens et du soutien nécessaires ? Les réponses peuvent varier d’un service à l’autre, même au sein d’une même entreprise.

À partir de ce constat, l’entreprise peut agir :

  • Investir dans la prévention : évaluer les RPS, définir des actions adaptées et proposer des ressources d’accompagnement.
  • Agir sur l’organisation : ajuster les priorités, clarifier les rôles et donner aux équipes les moyens de réaliser un travail de qualité.
  • Créer un climat de confiance : faciliter la parole, prévenir les comportements nocifs et traiter les situations de violence ou de harcèlement.
  • Faire preuve de souplesse : adapter, lorsque c’est possible, les horaires ou les modalités de travail aux situations rencontrées.
  • Former les managers : les aider à écouter, à repérer les situations préoccupantes et à orienter les salariés vers les bons interlocuteurs.

Les ateliers de sensibilisation et les dispositifs d’écoute ont toute leur place dans cette démarche. Leur efficacité dépend aussi de la capacité de l’entreprise à agir sur les facteurs de risque identifiés et à suivre les effets des mesures prises. Notre kit RPS contient des outils pour accompagner ce travail.

Aller plus loin avec Kerea

Chaque entreprise rencontre des situations différentes. Kerea by d’Efficience, propose des accompagnements adaptés pour prévenir les risques psychosociaux : audits RPS, formations, permanences sur site et dispositifs d’écoute psychologique. Ces solutions aident les organisations à comprendre les difficultés rencontrées et à construire des actions de prévention concrètes.